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<title>NovemberLeaf - voyage_a_sarajevo</title>
<description>Décembre ne vient jamais</description>
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<title>La femme de Sarajevo</title>
<link>http://novemberleaf.blogspirit.com/archive/2005/03/13/la_femme_de_sarajevo.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Voyage à Sarajevo</category>
<pubDate>Sun, 13 Mar 2005 19:25:00 +0100</pubDate>
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A Sarajevo, sur l'avenue principale, il y a une vieille obèse qui se tient au milieu de la foule. Les gens qui passent ne la voient ni ne l'entendent, traversant la ville ainsi qu'ils le font ailleurs dans le monde. Les autochtones sont pressés et vaquent à leurs occupations. Les militaires sont prudents et scrutent les autochtones avec attention. Les rares touristes quant à eux, flânent avec leurs appareils photos. Il y a aussi bien entendu, des indigènes qui scrutent, des touristes pressés, et quelques militaires qui prennent des photos.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans ce brouillon de capitale, la vieille se tient face à tout le monde, les bras en croix. Elle porte des doigts épais à sa bouche et les tend vers le peuple.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Soyez béni&quot;, marmonne-t-elle, &quot;Que Dieu soit avec vous.&quot; Mais personne ne répond, personne ne la regarde ou pense à dire &quot;merci&quot;. Elle restera des heures entières au beau milieu de l'avenue, à bénir chaque personne qui passe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai revu cette femme dans le quartier à flanc de montagne où je loge. Assise devant une épicerie, sur la bordure d'un trottoir, elle fumait une cigarette en regardant le ciel. Il y avait un sac de provision a ses côtés, sans doute venait-elle de faire ses courses. Lorsqu'elle m'a vu, elle s'est levée et a tendu les bras vers moi: &quot;Béni sois-tu&quot;, m'a-t-elle dit de son regard. Puis elle s'est tournée vers la ville en contrebas en faisant les mêmes gestes: &quot;Béni sois-tu, Sarajevo&quot;. Dans son corps monstrueux on aurait dit qu'elle dansait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les gens d'ici disent qu'elle est folle.
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<title>Le Cimetière de Mostar</title>
<link>http://novemberleaf.blogspirit.com/archive/2005/03/02/le_cimetiere_de_mostar.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Voyage à Sarajevo</category>
<pubDate>Wed, 02 Mar 2005 11:15:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar_cours.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar_cours.3.jpg&quot; alt=&quot;medium_mostar_cours.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; Il n'y a pas de plus bel endroit à Mostar que son cimetière. J'aime m'y promener. Quel contraste avec les bâtiments désagrégés du centre ville, murs de poussière et ocres sales. C'est l'endroit où l'on peut respirer le parfum et les couleurs des fleurs et des arbres. Là, passe la moitié de la ville, hommes, femmes et enfants. Trente secondes de pose à genoux, ou la tête courbée vers le sol, ils sont là en pèlerinage.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si l'on attend la larme ou l'étreinte de deux vieillards endeuillés, on est déçu. Ici, la dignité est plus importante qu'une simple pose photographique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le cimetière de Mostar s'étale un peu partout dans la ville, c'est pour cela qu'il est si difficile de se rendre compte de sa taille. A chaque quartier pilonné, bombardé, on a construit un petit cimetière tout neuf. Une rangée ou deux de tombes simples avec une plaque en bois et des fleurs. Il est impossible de l'éviter. Il est présent partout, le long des rues. Dès que l'on croit le quitter, il revient au détour d'un chemin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La plupart du temps, comme on n'avait pas la possibilité, pendant la guerre, de déplacer les cadavres, on les a traînés jusqu'au parc ou au jardin du coin. Là, ils reposent depuis lors.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il devait y avoir bien des hommes courageux pour entreprendre une pareille tâche. Je les imagine attendant un moment de répit (Probablement un de ces jours où le temps est tel que ni les Croates, ni les Serbes n'ont le courage d'attaquer) et partir creuser pour un ami ou un parent. Ils creuseront sans rien penser, machinalement. Par habitude plus que par soucis de préservation, il épargneront les bosquets de roses et les petits jets d'eau&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tant mieux pour le touriste qui pourra, dès la guerre finie, apprécier la beauté et la fraîcheur du cimetière de Mostar. C'est en effet de tous les endroits, celui qui est le plus agréable pour se reposer en dégustant une glace à 100 dinars. Ici, tout est calme, tout est en ordre, rien n'est détruit. Bien sûr, les tombes n'ont pas la prestance de celles en France, mais elles s'intègrent mieux, par leur simplicité, et parce qu'elles sont fleuries tous les jours, au cadre naturel du parc. Elles sont très homogènes en fait. Parfois, une petite fantaisie: La photo noir et blanc du défunt, une maxime imprimée au dos d'une pierre, un passage du Coran sur une stèle de bois. Rares sont les tombes luxueuses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Passant de l'une à l'autre, ma première réflexion fut de me demander pourquoi ils n'avaient pas mis le mois et le jour de la mort, au lieu de l'année, toujours la même: 1993. Peut-être comprenait-on mieux, à force de voir la même date se répéter tant et tant, l'horreur de la guerre. 1993. Quand je pense à tous ces gens dans le monde qui ont fêté cette année sans le savoir... Et peut-être qu'à Mostar, ils l'ont fêtée avec plus d'espoir encore, parce qu'ils savaient justement. Ils allaient construire ce cimetière dans la foulée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il y a une tombe qui est un peu plus belle que les autres, un peu plus grande, avec une dalle en marbre rose. Je me demande qui était cet homme, s'il avait été un héros, s'il avait sauvé des vies humaines... mais non, il s'agit d'un enfant. Né en 1993.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En regagnant la rue, on est presque soulagé de revoir ces façades ravagées et ces maisons sans toit. Malgré la chaleur étouffante et le soleil de plomb, on se prend à respirer plus librement. C'est vrai, depuis deux ans maintenant que la guerre est finie à Mostar, rien n'a été vraiment reconstruit. Mais peut-on reconstruire un pont de 400 ans? Peut-on refaire les mêmes bâtiments anciens ? Le théâtre style XIXème, les maisons individualisées par les siècles ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bientôt, des promoteurs occidentaux viendront avec des plans, exposer leurs nombreuses idées pour un nouveau Mostar. Puis viendront des camions et des grues, et des hommes des quatre coins du monde. Tant de machines! Mostar sera un vaste chantier. On la rendra un peu plus belle. Ici, on creusera une rue; là, on ajoutera un pont sur la Neretvale; là-bas, il y aura un grand centre commercial dont les panneaux publicitaires illumineront la nuit de rouge et de bleu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tant de gens viendront à Mostar, tant de gens qui sont parti pendant la guerre et qu'on ne connaît plus, il y aura tant à faire, tant à construire, que personne n'ira plus dans les cimetières. Les fleurs lentement se dessécheront. Les tombes vieilliront, toutes seules...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un jour, parce qu'il voudra construire un grand immeuble de 15 étages pour faire face au retour des derniers réfugiés, le maire s'exclamera que c'est tout simplement insalubre d'avoir un cimetière en plein milieu de la ville.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors, il proclamera qu'en mémoire de cette affreuse guerre, en sera construit un autre au sud-est, sur un champ de maïs. Au centre, on érigera un monument en l'honneur de telle ou telle personnalité de Mostar qui s'est sacrifiée pour telle ou telle raison. Après quelques discussions et beaucoup de promesses, les familles accepteront de déplacer leurs morts. Alors, une à une, les tombes viendront remplir ce vaste terrain.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A ce moment seulement, Mostar redeviendra une ville comme les autres. Il y aura de grands bâtiments tout neufs, il y aura des parcs avec des enfants, il y aura des cimetières là où il faut, entourés de murs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Seuls quelques nostalgiques iront verser une larme dans le nouveau cimetière.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et ils se souviendront.&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_theatre_mostar.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;
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<title>ARRIVEE A MOSTAR</title>
<link>http://novemberleaf.blogspirit.com/archive/2005/02/28/arrivee_a_mostar.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Voyage à Sarajevo</category>
<pubDate>Mon, 28 Feb 2005 23:25:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;b&gt;Suite de notre voyage à Sarajevo&lt;/b&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar3.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_mostar3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; La vieille citée nous attendait dans le calme de ses ruines. Il faisait chaud, presque trente degrés. Les rue ensablées, quasiment désertes de véhicules, étaient le terrain de jeux d'une bande d'enfants. Nous nous approchâmes de l'un d'entre eux et je lui tendis la feuille sur laquelle était inscrite l'adresse où nous devions nous rendre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les gamins lurent et s'agitèrent tous ensemble. Une multitude de doigts se tendirent dans des directions opposées. Chacun voulait voir le papier, et tous changeaient d'avis constamment.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un homme d'une trentaine d'année, le poil noir et la barbe fournie, fut tiré de sa lecture par leurs cris. Assis dans l'ombre d'un petit jardin où coulait une fontaine, il lisait un livre en arabe. Lorsqu'il nous vit, il s'approcha de notre groupe. Sous son autorité les enfants se calmèrent et lui tendirent le papier. Avec un mauvais anglais, il nous indiqua notre chemin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sept personnes habitaient la maison minuscule. C'est ce qui reste de trois générations d'une famille lorsque vous ôtez les morts et les expatriés, ceux qui sont allés survivre ailleurs, en France, en Allemagne. Pas de jeunes, Mostar Est n'est pas une ville où l'on peut facilement suivre une scolarité. Des personnes âgées, des handicapés, ceux qu'il n'est pas facile d'arracher à leur terre. Des anciens réfugiés; l'un de France, les autres de Turquie, qui étaient retournés à Mostar. Il y avait aussi un homme qui avait gardé la maison pendant tout le temps de la guerre. C'est grâce à lui que tous avaient pu se retrouver ici.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsqu’on leur demande où sont passées les autres maisons, ils expliquent d'un sourire que c'est déjà un miracle qu'il en reste une. Un homme se lève. Lui, il a toujours sa maison en bon état de l'autre côté du fleuve. Il nous dit qu'elle est bien plus confortable que celle-ci, qu'elle n'a pas été touchée par la guerre mais que ceux qui l'habitent ne veulent pas la lui rendre. Ce sont des Croates, et sa maison est dans la partie de la ville qu'ils occupent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Là bas, la vie est différente. Il n'y a pas de coupures d'eau ni d'électricité. Les rues sont propres et bien entretenues. Seulement, la monnaie est différente. La mentalité aussi. Mais ne pensons pas à la guerre ! Tous les conflits sont finis et la justice arrive. Une maison est une maison, et on peut toujours reconstruire sa vie. Au moins, on est vivant...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il n'y a ni haine ni rancune chez ses hommes qui ont subi la guerre. Juste la volonté d'oublier et de reconstruire, de retrouver leurs habitudes et leur travail. Ce qui les pousse à agir, c'est lorsqu'ils pensent à leurs enfants, à leurs conjoints exilés à l'autre bout de l'Europe. Là, ils contemplent le paysage et ils se disent : « Bientôt ils reviendront, et je leur rendrai une ville. » &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_famille_mostar.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>LA ROUTE DE MOSTAR</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Voyage à Sarajevo</category>
<pubDate>Thu, 24 Feb 2005 19:35:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_mostar.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_mostar.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; Officiellement la Bosnie commence là où la Croatie s'arrête. Mais lorsque nous avons franchi le poste frontière, non seulement nous n'étions pas entrés en Bosnie, mais en plus le paysage s'était &quot;croatisé&quot;. De toutes les frontières, celle-ci est la seule qui ne présente qu'un seul poste de douane. Notre sortie de Croatie est enregistrée, pas notre entrée en Bosnie. La Bosnie, ça n'existe pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il suffit de suivre la route de Mostar pour s'en persuader. Des villages dépeuplés et fiers arborent les fanions croates à carreaux rouges et blancs. Tendus entre deux façades à l'entrée des villages, ces drapeaux héraldiques avaient servi d'emblème aux fascistes durant la seconde guerre mondiale. Ils décorent désormais chaque rue avec ostentation, semblant lancer un message à la fois aux hommes et au Ciel: &quot;village libéré&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Libéré. C'est avec cette libération et ce petit emblème que tout avait commencé en Croatie. Tudjman avait été élu; son programme c'était la &quot;liberté&quot;, la Nation, et le petit blason croate à l'intérieur du drapeau Yougoslave. La guerre avait suivi immédiatement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dès la sortie du village, la guerre refait son apparition. Le sol est noir et desséché. La terre brûlée, ce n'est pas seulement une image; une terre en cendre s'étale de part et d'autre de la route, vide de toute culture et de tout arbre. De temps à autres, quatre murs se dressent à moitiés enfoncés. Les maisons n'ont jamais de toit ni de planchers aux étages. Mais la plupart du temps, les façades restent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Parfois, un panneau publicitaire sur l'un où l'autre côté de la route. Et cette normalité en rajoute à l'absurdité. Au milieu de ce champ de ruine, la route de Mostar est déserte, mais il existe des annonceurs pour faire la promotion d'un appareil photo. C'est vrai que cette année, c'est pour prendre des photos que l'on va à Mostar.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsqu'un village n'est pas &quot;croatisé&quot;, c'est qu'il est uniquement constitué de maisons mortes, immeubles aux yeux trop clairs dont les façades vides affichent des fenêtres traversées par le ciel. Ces villages sont les cadavres d'un peuple disparu dans un pays qui n'est plus leur. Des cimetières érigés à la va-vite durant la guerre bordent la route.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vient ensuite un autre bourg croate, un pâté de maison préservé des destructions; quelques hommes sont installés à la terrasse d'un café. Ils nous regardent passer sans faire le moindre geste. Ils savent que nous sommes étrangers, que notre présence ici viole la liberté qu'ils se sont achetée au prix fort.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais nombre d'entre eux ne sont même pas issus de cette terre. Ils ont été formés à Zagreb. Lorsque la guerre a éclaté comme ils l'avaient espéré, ils sont venus remplacer ceux que les combats avaient fait fuir. Ils savent que la terre est à ceux qui l'occupent. Alors ils ont sacrifié une partie de leur existence à s'imposer dans le sud de l'Herzégovine. Malgré les traités et les frontières qui leur ont été fixés par la communauté internationale, ils savent au plus profond d'eux-mêmes, que la Croatie sera un &quot;grand pays&quot;. &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_images.3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>SARAJEVO 1996</title>
<link>http://novemberleaf.blogspirit.com/archive/2005/02/21/sarajevo_1996.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Voyage à Sarajevo</category>
<pubDate>Mon, 21 Feb 2005 21:10:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;b&gt;J'ai écris ce texte ci-dessous après un voyage à Sarajevo, en 1996, quelques mois après la fin de la guerre. J'ai eu envie de le mettre. Qu'en pensez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;J'ai dit à Leila que Sarajevo n'était pas tellement détruite comparé à Mostar, que je pourrais aimer y vivre car les gens sont ouverts. Je lui ai dit que j'aimais bien me promener le soir dans les rues tièdes de la capitale et commander une burek à la viande et au fromage.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Leila m'a dit qu'elle avait subi cette ville pendant près de quatre ans sans pouvoir la quitter. Entre ses murs, elle avait eu faim et froid, elle avait passé de nombreuses journées ensoleillées dans les caves à écouter les bombes. Leila m'a raconté que lorsque la bibliothèque a été touchée, le feu avait duré plusieurs jours, et que la nuit tombée, il semblait éclairer toute la ville.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Puis j'ai dit à quel point j'aimais l'incroyable solidarité qui subsistait entre les gens, ce sentiment que l'étranger avait d'être accueilli et respecté. J'ai dit que je ne m'attendais pas à autant de tolérance de la part de ceux qui avaient subi les atrocités de la guerre. Je lui ai demandé ce qu'elle pensait des intrigues politiques qui avaient engendré les conflits.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle m'a dit que les gens avaient prit conscience de la valeur de la vie. Elle m'a dit que sans cette solidarité, il n'y aurait plus personne de vivant, ici. Que chacun avait, à un moment donné, dû mettre son existence entre les mains d'un autre. Elle m'a dit qu'elle ne faisait pas de politique, qu'elle n'en ferait jamais.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai alors demandé à Leila comment elle voyait l'avenir. Je lui ai dit que la reconstruction allait peut-être être difficile, que je n'avais pas vu de grues à Mostar, et qu'ici je voyais plus de militaires que d'ouvriers.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle m'a dit qu'elle s'en fichait. Elle m'a dit qu'elle ne faisait pas d'économie non plus. Elle m'a demandé à combien on estimait le prix de pouvoir sentir le soleil. Elle m'a dit que cela faisait plus de quatre ans qu'elle n'était pas partie en vacance. Elle m'a demandé si je connaissais la valeur de la mer, de se baigner, de se promener sans sentir un oeil et un fusil dans son dos.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://novemberleaf.blogspirit.com/images/medium_sarajevo.3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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