04/11/2008
Le jeu du silence
Ne reviens pas pour dire
ne parle plus
tais-toi.
Laisse-moi respirer le temps de ta présence
N’ouvre pas tes valises
Ne pose pas tes questions
Je suis rouillé d’absence
Et plein de pensées grises
J’ai perdu mes attentes
A force d’espérer
Chaque heure était trop lente
Je voulais tant donner
Qu’à présent je voudrais
Avec toi, allongés,
Je veux me prolonger
Un instant de silence
Clos les yeux
pose-toi
Emmène-moi au creux d’un songe
Oublie la terre, oublie le froid
Ouvre la caresse des cieux
Ma peau avide
Loin des mensonges
Me donne le temps d’être vide
14:02 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, écriture
15/08/2008
Quitter le ciel
Perdre un nuage du regard
Laisser couler l’eau du ruisseau
Aller au loin, sortir du vague
Poser la lune dans un cartable
Prendre le chemin contre soi
Balayer la poussière des branches
Ouvrir les fenêtres des montagnes
Oublier les promesses du ciel
Il m’a empli de vide
Il m’a nourri de vent
Il a poussé loin de moi son nuage.
18:35 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Poésie, Poème
16/06/2008
Les champs de pierre
Cher frère,
Ici les environs ne s’abandonnent pas. Nous sommes dans nos racines imprégnées de terre sèche, sous les vents glaciaux qui flétrissent nos feuilles. Dans les collines le soleil accroupi a perdu son regard et l’horizon ne contemple qu’un petit pied de vigne.
Ici les environs ne m’abandonnent pas. Leurs souvenirs m’enferment dans un instant figé où rien n’arrive et où tout recommence à jamais. Seul le bois gelé de mon écorce et les brumes colorées qui flottent au fond des champs témoignent du temps qui passe.
Ici les environs ne t’abandonnent pas. Tu n’atteindras pas le ciel de tes rêves et je ne serai pour toi qu’une sœur immobile. Vois les trous de l’univers et leurs faims impatientes. Déjà ils engloutissent le jaune et empoisonnent le raisin de mes branches.
Ici les environs de l’abandonne pas. Mère attend toujours l’océan silencieux et les grands espaces que tu lui a promis. Elle s’accroche au rocher, là où tu as grandi. Elle espère ton bonheur au-delà des collines. Ne reviens pas. Trouve ailleurs ton soleil et fructifie ta vigne.
21:20 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, poèmes
26/05/2008
Mon homme
Mon homme. Il a les mains fines et de longs doigts fragiles, et le visage gracieux d’un enfant endormi. Il arrive en retard et déballe son violon. Il nous salut doucement d’un petit regard tendre, mais si ses yeux m’atteignent ils me crèvent le ventre. Je baisse la tête en serrant fort ma harpe.
Mon homme. Il lit sa partition absorbé par ses rêves. Il se tait tout le long et respire sa musique. Insensible au poids de ma détresse. Mes désirs le caressent, ma chaleur le transperce, mais sa peau pâle et froide détourne ma tendresse.
Mon homme. Les soupirs de son archet se prolongent sur les murs et je vois tout autour les larmes de sa musique. Il me montre doucement son âme qui cajole, il me porte dans l’air comme une vibration. Je suffoque en-dedans, j’aimerais entrer en lui. Il écarte mes peurs et me donne son souffle.
Mon homme. Je l’attends chaque soir dans le vent de la porte en pensant à des phrases que je ne saurai dire. Dans la rue il fait noir, les passant vivent et marchent, moi je guette l’instant d’une silhouette longue. Il arrive en silence en tenant son violon. Il me voit quand il sort et me sourit enfin.
Mon homme. Nous marchons en silence dans les lumières jaunes, puis il glisse des mots comme des perles froides. Nous marchons côte à côte sur les trottoirs humides; mes phrases sont coincées dans le fond de ma gorge. Je marche dans sa bulle mais le vent de la nuit lui sèche le fond des yeux.
Mon homme. Il arrive à sa porte et je suis épuisée. Il me fait une bise et monte l’escalier. Les murs de l’immeuble m’enferment loin de lui, la lune au fond des cieux est moins seule que moi. Il embrasse sa femme et partage son repas. La musique s’éteint et je pense : « A demain ».

11:50 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, poèmes
18/05/2008
Comptine sous la pluie

Pluie d’avril et lèvres sèches
Ta main tiède que je presse
Qui es-tu ? Souris-tu ?
Perdons-nous dans les rues fraîches.
Retiens-moi la pluie des cieux
Un peu d’eau sur tes cheveux
Me vois-tu ? M’entends-tu ?
Je t’emporte au fond des yeux.
Ne pars pas je suis jaloux
La pluie coule sur ma joue
Me prends-tu ? Restes-tu?
Je suis seul au fond d’un trou.
Viens vers moi le parc est vide
Mes pieds froids dans l'herbe humide
Où vas-tu ? Rentres-tu ?
Ton amour n'est pas solide.
11:45 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, poème
12/05/2008
Pêcheur d'illusions
Tu crèves sur la mer, brulé par le soleil
Tous les matins pourtant tu te mets à la tâche
Comme si dans la soirée tu allais voir Marseille
Elles rigolent bien les poissonnières du port
Elles aiment la sardine que les chaluts ramassent
Penses-tu qu'elle s'émeut de tes petits transports ?
Tu ne peux rien garder dans les trous de ta nasse.
Petit marin perdu dans ta mer de nuages
Tu ne sais plus pêcher que le vent de tes rêves
Mets ton cœur de côté et repars à la nage
Il est temps de rentrer s'allonger sur la grève.
00:10 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poèmes, écriture
30/03/2008
Demain... ou un autre jour
J’ai longtemps vécu auprès de ton absence,
dans l’attente d’un signe que tu ne faisais pas.
Le flux de tes questions s’est vidé dans le sable
et ne laisse devant moi que des horizons plats.
J’attrape des moments, mais le souvenir s’étiole.
Les images sont parties très loin de la surface.
Il reste un sentiment qui paraît mensonger,
quelques plantes vivaces dans un désert aride.
Sous le sol une étoile éclaire d’autres cavernes.
Ici le téléphone se peuple de hasards.
A chaque bruit je crois entendre
et ma poche est sensible à toute vibration.
Tu reviens toujours dans un jardin en friche
affamé et docile, portant le poids des heures.
De nouvelles questions, de nouvelles images,
et les fleurs qui s’ouvrent s’abreuvent enfin de toi.
13:45 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture
21/02/2008
Marcher parmi les pierres
sauter toutes les clôtures
tendre les bras au ciel
patauger dans l’eau claire.
Inspirer un air frais
revenir en arrière
Ecarter des souvenirs
Etouffer une parole.
Retrouver un instant
te revoir sur un banc
s’appuyer contre un arbre
commencer une lettre.
Attendre encore un peu
revenir en arrière
écrire une nouvelle fois
porter une émotion.
Respirer par le ventre
explorer le passé
ramener la beauté
trouver un mot sincère.
Se rappeler d’un parfum
revenir en arrière
inventer une réponse
mesurer la distance
Refaire trois fois une phrase
s’asseoir sur un rocher
adopter une envie
poser des mots sur toi.
Ignorer la campagne
revenir en arrière
oublier l’horizon
monter sur la colline.
Penser cent fois en vain
m’allonger au soleil
contempler la vallée
espérer un nuage.
Caresser l’herbe tendre
revenir en arrière
saisir un argument
discuter avec toi.
Soulever un caillou
chercher une vraie raison
chiffonner un papier
se hâter d’oublier.
00:00 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poème, poésie
03/02/2008
Le front contre la vitre
Le front contre la vitre
Les bras dans les barreaux
Les pieds entre deux mondes
Nausée des sentiments
Ventre plein de discours
Le cou entre deux chaînes
Rêves encombrés d’attentes
Espoirs chargés d’histoires
La tête éparpillée
Partir ou bien rester ?
Rester sans être là ?
Quitter pour fuir encore ?
Je rêve d’être un arbre
Planté haut dans le ciel
Un arbre qui est là
Là où sont ses racines
Un arbre dont les branches
Peuvent aller où elles veulent
21:07 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, poésie
27/01/2008
Ne regarde pas

Ne regarde pas, petite, celui qu’on ne voit pas. Il est déjà beaucoup trop loin de toi, dans un puits aux murs blancs, dans ses froides pensées qui décorent des papiers. Il ne pose les yeux que sur son stylo aigre et n’a pour horizon que le bout de ses doigts.
N’écoute pas, petite, celui qu’on n’entend pas. Il a beaucoup crié à l’univers des formules absurdes qui pèsent dans les crânes. Maintenant il n'a plus que des gribouillis de mots qu’on déchire en soufflant.
Ne touche pas, petite, celui qui est parti. Il a depuis longtemps son corps incrusté dans les murs du néant. Ses mains sont figées dans la pierre et se sont à jamais détournées de la chaleur humaine.
Ne pense pas, petite, à celui qui est absent. Les souvenirs qu’il laisse sont des arbres égarés en hiver qui ne porteront jamais les fruits qu’ils te promettent. La sève ne coule plus dans ses rêves éteints même s’il s’habille encore d’un passé déchiré.
Eloigne-toi, petite, des promesses sans avenir. Il a déjà marché le long des illusions, il a déjà vieilli en se frottant aux murs. Il a mangé du sable en creusant dans la terre. Reste donc où tu es et contemple la mer.
00:50 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, poésie, prose

