30/03/2008
Demain... ou un autre jour
J’ai longtemps vécu auprès de ton absence,
dans l’attente d’un signe que tu ne faisais pas.
Le flux de tes questions s’est vidé dans le sable
et ne laisse devant moi que des horizons plats.
J’attrape des moments, mais le souvenir s’étiole.
Les images sont parties très loin de la surface.
Il reste un sentiment qui paraît mensonger,
quelques plantes vivaces dans un désert aride.
Sous le sol une étoile éclaire d’autres cavernes.
Ici le téléphone se peuple de hasards.
A chaque bruit je crois entendre
et ma poche est sensible à toute palpitation.
Tu reviens toujours dans un jardin en friche
affamé et docile, portant le poids des heures.
De nouvelles questions, de nouvelles images,
et les fleurs qui s’ouvrent s’abreuvent enfin de toi.
13:45 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture
26/12/2007
Les petits papiers
Sous ton frêle visage des kilomètres de fils emmêlés.
Sous ta chevelure lisse les mêmes histoires que tu abîmes en
[frottant
Dans ta mémoire, le courant d’air que tu retiens
Comme un bonbon salé
Tes années tamisées par le sable
Tes secrets soufflés dans un nuage
Se sont égarés entre deux montagnes creuses
Pourquoi retiens-tu tes doigts sur le soupir d’un passant ?
Que cherchent à embrasser tes lèvres desséchées par le
[givre ?
Où marchent donc tes pas en cercle ?
Quel infini voudrais-tu attendre en dormant ?
Ton ombre a laissée une trace sur mon regard
Et je vois parfois des sentiments flotter près de moi
Un peu de buée s’arrête sur la vitre
Et je reprends ma course
Personne ne retient ce qui n’existe plus
Personne n’attend les moments qui n’auront jamais lieu
Et pourtant tu t’approches souvent près du vide
Et tu étales ta vie sur des petits papiers
08:30 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, écriture
05/05/2007
Chambre froide
La fourche du néant me ravage le crâne
j’entends chaque nuit les hurlement du temps.
Mes souvenirs sont soumis à la presse hydraulique
et les rares images se mélangent et se froissent.
Les regards me traversent
mes amis sont des ombres
les murs de ma chambre sont durs comme la glace.
Mes rêves se transforment en réalité froide
et finissent piétinés sur des trottoirs immondes.
Ma tête est terre à terre et respire la poussière
mais les cieux au-dessus se perdent dans le vide.
Qui es-tu pour attendre une promesse de moi ?
Quel savoir cherches-tu au fond des caniveaux ?
Sois heureuse et tais-toi.
Détourne le regard
va donc à la fenêtre !
Il y a des sourires qui t’attendent
il y a un corps tiède et rassurant.
Ecoute ses murmures
construis ses rêves d’enfant.
Je ne suis qu’un gouffre qu’on enjambe en passant.

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07/05/2006
Détachement
Je ne suis pas attachée de toi
Je me suis volée hier
Et depuis que le ciel m’habite
Je rêve d’une chaîne intrépide
Mais je ne m’attacherai pas de toi
J’ai promis à ma peau un peu de liberté
Dans mon ciel se reposent des nuages d’ailleurs
Ils ne te rendront pas heureux
Ils ne savent pas se promener dans les cages
Je me suis volée pour toujours
Je me suis perdue de toi
Je mettrai un peu d’air des montagnes dans le creux de mes bras
Il n’y a rien, qu’un peu de profondeur, dans mes yeux
La chaîne pend à mon cou, elle s’est brisée hier
Hier où je me suis volée
Non, je ne suis plus attachée de toi
7 mai 2006
22:20 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
03/01/2004
Rien ne revient
Je n’attends rien.
L’air m’entoure et me caresse, le temps me transporte là où je vais
et je reste assis sur ma chaise.
Je n’attends rien.
Les portes restent fermées, les murailles sont belles et solides
et la ligne d’horizon est dégagée.
Je n’attends rien.
L’herbe est sèche depuis longtemps sur la colline,
et dans les champs le vent a ramené le sable du désert.
Je n’attends rien.
Je regarde les dunes qui grandissent
et la beauté du néant envahit mon domaine.
Je n’attends rien.
Il ne poussait que de mauvaises herbes sur la terre fertile
et il n’entrait par la porte que des bêtes stupides.
Je n’attends rien.
Le sable a la fraîcheur de l’eau
et les dunes sont comme des vagues immobiles.
Je n’attends rien.
Même pas un mot de plus.
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02/01/2003
Amour à distance
Son souvenir à mes côtés
parle du ciel à mon oreille
le silence qu’elle murmure luit comme le soleil
alors je dessine des nuages qui lui ressemblent
tandis qu’elle peint l’azur
et les sommets des montagnes
qu’elle souffle le vent
et chante l’air de la rosée matinale
Son souvenir à mes côtés
me raconte un instant de ciel
immobile
suspendu au bout des arbres
alors je dessine dans les branches
les traits de son visage
les courbes de ses cheveux
la lumière de son front
Son souvenir à mes côtés
rêve le long des étoiles
elle me dit toute la nuit
qu’elle garde dans ses bras
alors je cherche son regard
au fond des cratères de la lune
et les ténèbres qui m’enveloppent rapportent son odeur
car je sais que les constellations du soir
sont usées par ses yeux
Son souvenir à mes côtés
s’endort parfois avec moi
quand je la ramène au sein de mes paupières
je lui parle du ciel qui repose dans ma tête
alors elle emporte une brise
qu’elle respire au fond de moi
et son souffle paisible
s’étend dans ma poitrine.
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15/12/2002
Droit devant
Ne jamais se retourner
sur le vide qui se crée
sur l’arrière des remparts
sur les pas dans la neige
Ne jamais se retourner
sur les histoires trop longues des livres incendiés
sur les mots prononcés au devant des falaises
sur les vaines colères des enfants prétentieux
Ne jamais se retourner
sur les amours des moineaux que l’hiver assassine
sur les espérances grandioses des révolutions sanglantes
sur la lueur d’une bougie qui crève au fond d’un verre
Ne jamais se retourner
sur les portes qu’on ferme
sur les rencontres qui n’ont pas eu lieu
sur les paroles qui traînent au fond d’une pensée
Ne jamais se retourner
avancer droit devant
affronter le néant
jusqu’à ce que les espoirs vaniteux
deviennent des vérités cyniques
jusqu’à ce qu’il ne reste
que le vide devant
que le vide derrière
jusqu’à l’oubli de la dernière pensée
jusqu’à l’effacement de la dernière trace
tomber à plat ventre dans la neige
ne pas se retourner
ne pas penser au froid
serrer les dents
serrer les poings
ne pas se retourner
tant que les vers n’auront pas digéré
toute ta cervelle
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02/12/2002
Les pas de Paris
L’humeur docile des souliers cirés
les chaussettes en coton noir
les grandes enjambées
des pas pressés
martèlent sur les trottoirs de Paris
une rengaine triste et morose
sur les dalles de béton
sur le bitume usé
dans les couloirs plastifiés
résonne la musique des chaussures parisiennes
une fois
près d’une sortie de Métro
près d’un banc
près d’un arbre
j’ai cru entendre la partition
d’un vieux compositeur congolais
tam-tam
tam-tam
tam-tam
c’était le son d’un vieux tambour
en peau de buffle
tam-tam
tam-tam
tam-tam
mais les souliers impatients
étaient trop pressés pour rester
tam-tam
dirent-ils en s’éloignant
car ils ignorent
qu’au loin
les congolais marchent nu-pied
22:50 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
27/11/2002
Descente
je suis loin
je dors
je rêve
parfois la lumière éclaire les vagues
mais l’écume disparaît dans le sable
je suis loin
je vis dans une sphère où personne ne me cherche
j’espère
je rêve
je vibre au son des échos de la terre
mais j’écoute ma musique
parfois je flotte au milieu des pensées
quand une lente douleur se pose près de moi
comme un murmure
mais je ne prête pas attention aux cris des insectes
je ne ris pas non plus
je ne pleure plus
je suis loin
comme une statue rouillée et descellée
j’espère qu’on m’oublie
la douleur m’abandonne enfin
les traces s’effacent sur ma peau
il ne fait ni chaud ni froid
je ne rêve plus
je ne dors plus
l’air n’a même plus de goût
22:40 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
22/11/2002
Bulle
Là où je suis
personne ne vient jamais
j’attends là mais sans bruit les remords me reviennent
comme une branche pourrie qui s’efface sous mes pas
mais personne ne parle
demain faibli
demain meurt
demain ne retient pas son souffle
qui s’épuise à force d’errer dans le lointain désert
aux collines ombragées
le sable reste désespérément collé
j’attends
j’attends
j’attends le vent
et l’espace
entre deux gouttes de temps
ma machine roule sur les cailloux pointus
tranchant comme des couteaux
mais personne
personne
personne n’attend que je vienne
dans la demeure des dieux immobiles
personne
personne n’entend les bruits de mon souffle
haletant
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