05/05/2007
Chambre froide
La fourche du néant me ravage le crâne
j’entends chaque nuit les hurlement du temps.
Mes souvenirs sont soumis à la presse hydraulique
et les rares images se mélangent et se froissent.
Les regards me traversent
mes amis sont des ombres
les murs de ma chambre sont durs comme la glace.
Mes rêves se transforment en réalité froide
et finissent piétinés sur des trottoirs immondes.
Ma tête est terre à terre et respire la poussière
mais les cieux au-dessus se perdent dans le vide.
Qui es-tu pour attendre une promesse de moi ?
Quel savoir cherches-tu au fond des caniveaux ?
Sois heureuse et tais-toi.
Détourne le regard
va donc à la fenêtre !
Il y a des sourires qui t’attendent
il y a un corps tiède et rassurant.
Ecoute ses murmures
construis ses rêves d’enfant.
Je ne suis qu’un gouffre qu’on enjambe en passant.

23:20 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, poésie, poèmes
01/04/2007
Les Briques
Chère sœur,
Je ne suis pas allé très loin dans les allées. Je n’ai pas traversé les murs, je n’ai pas enfoncé de porte. Je me trouve, comme tous les soirs, devant le même labyrinthe, sous le même ciel de briques.
Tu vois, moi aussi je suis resté. J’ai laissé sous la terre mes rêves de rivage et j’ai accepté les parois serrées de l’existence.
J’ai voulu aller plus loin que d’autres, affronter les marées et les vagues, le calme plat de l’horizon. Mais mon regard n’a jamais porté qu’au bout d’un couloir, entre deux murs arides.
Les dalles dures sous mes pieds froids se sont lassées de l’écho de mes pas. Maintenant, je suis fatigué ma chère sœur. Dans les allées silencieuses j’ai peur de me coucher et de dormir. J’ai peur de n’être arrivé nulle part mais d’être parti de toi.
Je ne suis pas allé très loin dans les allées. Il paraît qu’on y trouve un peu de sable et un peu de vent. Moi je n’y ai trouvé qu’un peu de poussière, un air humide et brumeux.
Maintenant j’ai besoin de ta tendresse, ma chère sœur. J’ai besoin de ton coin de terre dans la paume de ta main et de la fontaine qui s’ouvre sur ton front. Mes pieds prendront racine et je me nourrirai comme un arbre, car je n’ai d’autre horizon que celui qui m’habite.
Embrasse notre frère et notre mère, et prie pour mon retour prochain.

19:05 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
19/06/2006
Le sommeil de l'être

Quand je te vois dormir, quand j’entends ton souffle, je sais qu’il y a en toi mille paysages sous le ciel d’Uranus, un million de gouffres et une forêt de hêtres. Tu as une mer orange au creux de ton nombril et cinq cent trente dunes sur la peau de ton ventre.
Quand je te vois dormir les formes se décomposent et toutes les lignes se courbent. Il ne reste qu’un peu de couleurs qui se mêlent à ta chair floue. La peau de tes paupières est faite de champs de bataille où des soldats perdus ont rêvé de mourir. Tu as dans un battement de cil une armée qui s’incline. Et des crêtes s’installent au fond de ton regard.
Quand je te vois dormir, je veux prendre dans mes mains les reflets de tes lèvres et en remplir les lacs qui sèchent sous le ciel. Je veux tracer sur l’horizon la courbe de ton menton, je veux la posséder comme une ligne absente, la garder près de moi dans la fureur des vagues.
Quand je te vois dormir, je sais que demain ne sera pas très long. Je sais qu’un souffle de toi existe dans l’univers et qu’il accompagne le verre brisé des mondes sans forme. Je n’ai plus à attendre ni même à réparer. Je me contente de l’instant; un instant qui dure comme un arbre qui baille. Un soupir éternel, un souffle dans mon rêve.
Quand je te vois dormir, je retrouve une sphère qui flotte dans l’espace et dans laquelle sont enfouis les secrets de mes larmes. Une comptine, un poème, une image enfantine, un million de pics au fond des altitudes, dans les solitudes figées baignées d’un soleil froid. Le monde, ma terre, les cratères de Pluton se mélangent à ton corps qui respire en silence, dans sa forêt de hêtres, quand je te vois dormir.
18 juin 2005
11:25 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes

