05/02/2005
Le Miroir
...je regarde le miroir
elle regarde le miroir
elle sourit
je souris
à travers le miroir
elle me voit
je la vois
la lueur de ses yeux
se reflète au miroir
mes paroles silencieuses
qu'elle entend
qu'elle comprend
de derrière le miroir
peut-être sortiront
des passions du miroir
qui nous voit
côte à côte
contemplant un miroir...
11:30 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29/01/2005
Ma femme

Ma femme. Chaque nuit, je rêve qu’elle me parle. Mais elle dort d’un sommeil long et tranquille. Le matin, quand je prends l’autobus, son visage m’accompagne sur les murs qui défilent. Elle a le sourire un peu froid, un peu amer, d’une statue qui souffre. Elle a le regard fixé sur un horizon lointain, mais dans les soubresauts de la route je transperce la ville. Des inconnus s’asseyent et se lèvent. Ils me regardent à peine et s’évaporent déjà.
Ma femme. Elle garde son mystère dans une boîte en fer, mais elle connaît par cœur chacun de mes secrets. Elle sait jusqu’où je ne peux pas aller. Elle me guide à mon bureau, dans mon travail, dans chacun des choix que je fais. Elle me prend par la main et elle tient mon stylo. Mais elle n’ouvre plus sa porte aux étrangers qui me ressemblent et cela fait bien longtemps qu’elle ne sait plus pleurer.
Ma femme. Si parfois je pleure, c’est parce que je pense à elle. Mais il m’est impossible de rire très loin de son image. Elle a tracé à la hache les frontières de mon cœur et celui-ci la suit comme un toutou docile. Il ne cherche plus de rencontres au hasard. Les amis qui me parlent sont comme des étrangers. Leurs phrases creuses glissent sur mes épaules et je regarde à travers eux l’univers qu’elle me promet toujours.
Ma femme. Son parfum est celui d’un long automne. Il a la fraîcheur d’un parc à l’aube de l’hiver. Dans sa chambre résonnent les chants des oiseaux. De nombreux amis l’entourent, mais le soir, elle m’attend toujours dans un silence digne et serein. J’ai acheté des fleurs que je pose auprès d’elle en arrivant. Ma main tremble dès que je l’aperçois. Elle a sa tombe, au loin, dans la dernière rangée.
17:40 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03/01/2004
Rien ne revient
Je n’attends rien.
L’air m’entoure et me caresse, le temps me transporte là où je vais
et je reste assis sur ma chaise.
Je n’attends rien.
Les portes restent fermées, les murailles sont belles et solides
et la ligne d’horizon est dégagée.
Je n’attends rien.
L’herbe est sèche depuis longtemps sur la colline,
et dans les champs le vent a ramené le sable du désert.
Je n’attends rien.
Je regarde les dunes qui grandissent
et la beauté du néant envahit mon domaine.
Je n’attends rien.
Il ne poussait que de mauvaises herbes sur la terre fertile
et il n’entrait par la porte que des bêtes stupides.
Je n’attends rien.
Le sable a la fraîcheur de l’eau
et les dunes sont comme des vagues immobiles.
Je n’attends rien.
Même pas un mot de plus.
22:55 Publié dans Poèmes de novembre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


