12/02/2005
Destins croisés
Si je dessinais une lettre, à personne, et que je la pliais et repliais pour en faire un avion,
Si j'envoyais cet avion, vers nulle part, du haut du plus haut sommet de la plus haute montagne,
Si des vents inconnus l'emportaient vers des terres étrangères,
Si sur ces terres habitait une fille au sourire argent,
Si cette fille, par hasard, voyait mon dessin,
C'est que je l'aurais fait pour elle.

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10/02/2005
Les mots
d’un ticket de caisse
d’une liste de course oubliée
j’ai griffonné
des écumes gelées
des tubercules systémiques
des caresses bleues
des contes métalliques
et j’ai dessiné
une perle avec un accent circonflexe
un automate à briser les soupirs
une montre à prolonger les instants
une plage où s'étendent les histoires
puis j’ai écrit
les noms de femmes endormies
les souvenirs de vêtements froissés
l’odeur de cheveux emmêlés
les heures qui passent
les kilomètres
les mots de trop
ou ceux qui ont manqués
Comme il ne restait plus beaucoup de place
je n’ai pas ajouté
les hivers monotones
ou les trottoirs gris de mes chaussures
Enfin, j’ai trempé le papier dans une flaque
et tous les mots sont partis
les uns après les autres
en laissant derrière eux
un courant d’encre bleue
22:15 Publié dans Autres poèmes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
07/02/2005
Retour en arrière
Tu n’as pas beaucoup de demain
Et encore moins d’hier
Tu n’as pas beaucoup de confiance
Et encore moins d’expérience
Tu ne regardes pas l’avenir avec un franc regard lumineux
Tu n’as pas encore de pensées aigries
Ni de nostalgie
Tu ne projettes rien
Tu ne regrettes rien
Tu n’as même pas conscience de l’instant
Tu vis dans l’émerveillement
Et dans la crainte
Tu ne sais pas si c’est chaud
Ou si c’est froid
Tu ne sais même pas que ta salopette te gêne
Et que ton baptême pend à ton cou
Ta bouche ne sait pas si elle doit sourire
Tes yeux ne savent pas s’ils doivent pleurer
Tes cheveux n’en font qu’à leur tête
Ta tête est lourde et bouffie
Je te regarde
Tu ne me vois pas
Je m’éloigne chaque jour de toi
Mais dans tes yeux il y a peut-être un espoir
Que je n’ai pas encore eu
Car ils n’ont pas beaucoup changés
Ils portent mon avenir
Autant que mon passé
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