31/12/2007
La rivière
Les kilomètres de rivières n’ont pas regretté les abîmes et je ne revois ni les stalactites ni les fournaises du néant. Parfois, je perds des larmes dans les herbes hautes mais la rivière traverse la savane.
Dans les montagnes englouties se trouve une petite caverne où les sons mélodieux ne meurent jamais où l’écho perpétuel danse en harmonie où la mousse suave des lichens entravés serre, comme un bâillement, une pépite de douleur.
Le courant m’entraîne plus vite sous le ciel. Au-dehors, le silence se répand comme les flammes, attisé par le vent clair et froid des foules citadines. Les maisons étroites aux terrasses effritées ne brandissent que des murs écorchés à la face du ciel. Et dans ce vide, ce silence, dans la clarté du matin, une jeune fille accroupie pleure sur un bouquet de roses. Moi, je caresse ses cheveux et je prie en respirant l’odeur du vent.
La suie brûlante des tumultes se répand sur la terre partout autour de moi ; elle s’engouffre dans les failles et trouve les abîmes. Dans le regard de ma mère il n’y a plus que la source des rivières et ses stalactites sales qui pendent dans le néant. Je rêve de volcans et de la lumière dorée des flammes, mais le soir j’entends souvent des sanglots brefs comme des éclats de verre.
Les rivières défilent dans les roches brillantes. Et je me retrouve seul sur mon île, au milieu de cent roses fanées. A mes côtés une vieille avec un sourire d’enfant m’embrasse sur la joue. Je sais que j’ai vécu heureux dans la caverne fraîche où coulent les rivières et je m’en vais à présent rejoindre les abîmes.
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