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01/04/2007
Les Briques
Chère sœur,
Je ne suis pas allé très loin dans les allées. Je n’ai pas traversé les murs, je n’ai pas enfoncé de porte. Je me trouve, comme tous les soirs, devant le même labyrinthe, sous le même ciel de briques.
Tu vois, moi aussi je suis resté. J’ai laissé sous la terre mes rêves de rivage et j’ai accepté les parois serrées de l’existence.
J’ai voulu aller plus loin que d’autres, affronter les marées et les vagues, le calme plat de l’horizon. Mais mon regard n’a jamais porté qu’au bout d’un couloir, entre deux murs arides.
Les dalles dures sous mes pieds froids se sont lassées de l’écho de mes pas. Maintenant, je suis fatigué ma chère sœur. Dans les allées silencieuses j’ai peur de me coucher et de dormir. J’ai peur de n’être arrivé nulle part mais d’être parti de toi.
Je ne suis pas allé très loin dans les allées. Il paraît qu’on y trouve un peu de sable et un peu de vent. Moi je n’y ai trouvé qu’un peu de poussière, un air humide et brumeux.
Maintenant j’ai besoin de ta tendresse, ma chère sœur. J’ai besoin de ton coin de terre dans la paume de ta main et de la fontaine qui s’ouvre sur ton front. Mes pieds prendront racine et je me nourrirai comme un arbre, car je n’ai d’autre horizon que celui qui m’habite.
Embrasse notre frère et notre mère, et prie pour mon retour prochain.

19:05 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes

